Images et narrations :
les champs d’étude

 


Il y a des romans qui sont faits d’images, il y a des images qui montrent des histoires… Il y a le cinéma qui pourrait apparaître comme la synthèse par excellence de cette problématique, mais il y a un cinéma « littéraire » (Resnais, Godard par exemple) et un cinéma d’images… Il y a aussi la bande dessinée qui pourrait également prévaloir en tant que synthèse… l’édition jeunesse, les jeux interactifs… Il y a enfin tout un aspect de la création plastique qui entretient avec le récit dans son sens le plus large des rapports évidents, empruntant à la fois à la littérature, au langage cinématographique et à la bande dessinée, aussi bien qu’à l’iconographie médiatique (presse, TV) ou à l’iconographie publicitaire, son matériau de base. Des jeux de langage de Duchamps au marketing de Jeff Koons, en passant par la figuration narrative et le Pop-art ou l’interrogation de la mémoire d’un Boltanski, montrer que l’œuvre est indissociable du récit, montrer que l’œuvre n’échappe pas à la narration.



Le texte et l’image, le design graphique
Comment amener les étudiants à une pratique contemporaine du graphisme ? Une attitude moderne consiste à être capable d’avoir une création hors du temps, à ne pas suivre la mode mais à la créer. Les étudiants doivent connaître ce qui se fait actuellement, mais aussi ce qui s’est produit dans le passé, afin de ne pas répéter par ignorance. Il leur faut briser les conditionnements visuels imposés par l’environnement. La présentation d’objets culturels est en cela décapante.

Avant tout, nous nous devons de préparer les étudiants à une démarche créative, techniquement solide qui inspire le respect. Les élèves apprennent à donner à la pensée une forme visuelle riche de sens.
L’enseignement de la typographie nécessite, plus que jamais, l’expérimentation et la méthode. Il s’agit d’une discipline fondamentale dans la pratique du graphisme parce qu’elle permet au créateur de communiquer et de s’exprimer par les formes indépendamment de tout autre discours.



Durant ses études, l’étudiant aiguise la perception par la pratique, et l’application méthodologique, des divers enseignements qui lui sont proposés. D’année en année, l’élève devient partie active du monde de la création, jusqu’au moment où il se détache du cadre pédagogique pour œuvrer lui-même.



Objectifs :
Développement de la curiosité, exploration des moyens théoriques et critiques pour une bonne inscription dans le monde des images.
Développement des capacités d’analyse et de synthèse.
Développement des techniques professionnelles par l’apprentissage et l’expérimentation large et pluridisciplinaire, des outils.
Apprentissage des contraintes,
Développement d’un regard singulier,
Maîtrise des outils théoriques et pratiques de la typographie.



Le Dessin
Documentaire, analytique, narratif (story-board, rough) d’expression, de notation. Le dessin est ici à concevoir comme pratique quotidienne d’écriture et de relation au monde ouvert à un projet personnel de représentation et d’expression.



Le dessin montre, il manifeste, il désigne. Dessiner est envisager une idée, lui faire prendre visage et plusieurs réponses sont possibles.
A considérer son sens premier, disegno, le dessin serait aussi dessein. Celui qui dessine nourrit un dessein, il jette un pont entre lui et ce qu’il voit et le propose au regard du lecteur, voire du navigateur.



Le dessin s’impose pour rendre visible la pensée, pour formuler un projet, pour donner corps à un sentiment, une sensation, un souvenir. A la source de l’idée, dans l’espace où la création se nourrit de décisions et de démonstrations, mais aussi d’hésitations et d’incertitudes, le dessin couvre un champ considérable. Il est un tout. Il ne doit rien qu’à lui-même, il définit son lieu.



Tracer, dessiner, c’est aussi délimiter une action, suggérer un état d’esprit, les faire respirer dans l’espace de la feuille, les faire devenir images. L’espace devient alors un contenant sans limites.