
Suite au voyage à Verdun du 12 octobre 2006 avec l’école,
ce qui m’a frappée sur place, c’était le
silence.
Et la question que je m’étais posée, c’était:
« Te rends-tu compte?… qu’ici il y a eu
des milliers de morts? Des bombardements incessants?… »
Il y a un paradoxe temporel avec le son.
Mon intention est de faire parler ce lieu, le village de Fleury-devant-Douaumont.
Par son silence et sa morphologie, il s’agit de faire entendre
ces cris de l’âme, ces cris sourds.
Cris des bourgs devenus hameaux, de l’église qui s’est
tue, qui rappellent le souvenir d’un village encore peuplé…
Ma réalisation prend la forme d‘une série de courts
métrages qui feront environ 5 minutes chacun.
Ce sont différents plans du village de Fleury aujourd’hui,
avec cette absence de son de guerre, face aux horreurs du passé.
Avec un travail sur le son de guerre et le son d‘aujourd‘hui
(forêt, circulation…), je vais faire resurgir la mémoire
sonore du lieu.
Ces sons témoignage du passé sélectionnés
sont des cris qui sont autant de bouteilles à la mer qui devraient
inciter nos générations
et les générations futures au devoir de mémoire, au
devoir de vigilance comme au devoir d’humanité. |