Journée d'étude

frontièreS

Lundi 17 Octobre, Journée d’étude à l’invitation de La Lune en Parachute et l’ÉSAL Épinal.  

Amphithéâtre, Faculté de droit - Université de Lorraine, 2 Rue de la Maix - 88000 Épinal

9.30 -17.00  

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La question de la « Frontière » sera au cœur des échanges de la journée.  

Elle sera abordée par des enseignants-chercheurs en Arts et Sciences de l’art d’Universités françaises et des artistes invités.  

Le mot frontière est polysémique, il peut être compris de façon concrète, sensible ou symbolique en fonction du contexte dans lequel il est utilisé. La journée d’étude frontièreS s’attache à cette variété d’usages : productions plastiques et recherches théoriques s’y nourrissent. 

Art, histoire, politique, mémoire ou droit sont convoqués de concert. 

Les intervenants mettront la frontière géopolitique au cœur de leur présentation, et ce point focal permettra d’ouvrir à un ensemble de réflexions sur les personnes en situation de migration, sur l’héritage de l’histoire ou sur la puissance du dévoilement artistique de situations données.   

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PROGRAMME

9.30 : Présentation de la journée et introduction aux tables rondes  

Alice Marquaille, professeure d’histoire des arts, ÉSAL Épinal  

10.00 - 12.00 : Table ronde Traverser

Les deux artistes-chercheurs proposent un mode de travail apparenté puisqu’ils vont étudier au sein de cette table ronde chacun une œuvre d’art dans toutes ses composantes, théoriques, méthodologiques, plastiques. Ces œuvres d’art expérimentent la traversée de frontières qui nous sont proches.   

L’artiste a parcouru la frontière dite naturelle entre la Suisse et l’Autriche, qui a permis aux résistants ou aux juifs de fuir l’Anschluss durant la Seconde Guerre Mondiale. Il a produit un ensemble de photographies en s’appuyant sur les notions de « champ-contrechamp » pour faire se retourner les images elles même tout autant que les frontières et leurs héritages.   

Katrin Gattinger présentera le projet Borderknots et certains de ses enjeux artistiques, politiques et théoriques, en mettant l’accent sur ce qu’elle nomme les « marathons diplomatiques », performances graphiques qui consistent à cartographier l’expérience de différentes frontières impliquant consulats et ambassades du monde entier. 

14.00 - 17.00 : Table ronde Éprouver  

Cette seconde table ronde replace l’individu au cœur de la recherche, sa sensibilité ou même sa représentation. Les frontières géopolitiques et sociales sont interrogées par le biais des images dans des usages décalés, les artistes détournent des récits officiels pour mieux en révéler les limites, ou expérimentent l’effet du droit dans ses effets sur les corps des personnes en situation de migration. 

Le Regard d’Ulysse (Theo Angelopoulos – 1995) suit le voyage à travers les anciennes frontières de la Yougoslavie d’un cinéaste grec parti enquêter sur d’anciennes bobines de film tournées au début du XXème siècle. Son périple l’amènera à se joindre clandestinement au transport fluvial d’une monumentale statue de Lénine. 

On fera remarquer la manière avec laquelle le film situe chacune des frontières traversées au carrefour d’antagonismes associant l’Antiquité à la naissance du cinéma, la sculpture aux pellicules perdues et la mémoire du communisme au présent des guerres des Balkans.  

Le karma de « karman » en sanskrit signifie l’« acte » ou l’« action » liée à l’existence d’êtres sensibles et à la somme de leurs mouvements.  Entre le sort et le jugement, entre le discours et l’acte, karma se déploie par le biais d’œuvres immatérielles associées à des artefacts, archives ou objets à charges qui entretiennent chacun une relation plus ou moins directe avec les politiques migratoires. De la propriété intellectuelle au droit d’asile, du patrimoine culturel immatériel au droit des étrangers, les œuvres s’activent comme des amulettes : elles font le gage d’une intention inaliénable, d’un récit, d’un patrimoine et de sa passation physique ou orale par leurs co-auteurs et détenteur.ices.  

17.00 : Clôture de la journée d’étude avec Alice Marquaille  

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Cette journée d’étude est ouverte à tous les publics, elle est l'initiation pour les étudiants de l'ÉSAL d'une recherche qui s'actualisera dans une exposition à la Lune en Parachute du 27 janvier au 12 février 2023. Les trois chercheurs invités (accompagnés de 2 artistes) coconstruiront à leur tour une exposition à la Lune du 23 septembre au 17 décembre 2023.  

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INTERVENANTS

Arno Gisinger

Artiste photographe et enseignant-chercheur à l’Université Paris Lumières (Paris 8). Arno Gisinger (1964, Autriche) : sa double formation en histoire et philologie allemande et en photographie l’amène à travailler sur les relations entre mémoire, histoire et représentations photographiques. Il développe une pratique artistique qui lie photographie et historiographie sous forme d’enquêtes. Plusieurs de ses travaux portent sur l’exil, la guerre ou la Shoah et tentent d’élargir la notion des pratiques dites « documentaires ».

Katrin Gattinger 

Artiste plasticienne, Maitre de conférence HDR et Responsable pédagogique du Master Arts Plastiques Théorie & Pratique de la Faculté des Arts de Strasbourg. Katrin Gattinger (1970, Allemagne) a étudié les arts plastiques en France, où elle créé et enseigne à son tour. Son œuvre montre un sens du décalage qui permet de faire surgir, non sans surprise ni humour, de nouveaux récits. Son travail permet d’apporter ainsi un éclairage intriguant à des lieux, des situations, considérés comme habituels et qui étaient jusqu’alors des impensés.

Thibault Honoré 

Thibault Honoré est artiste et maître de conférences en Arts à l'Université de Bretagne Occidentale (Brest). Débuté en 2006, son travail s’inscrit dans une démarche de recherche-création. Cette recherche à l’œuvre s’incarne à travers une enquête qu'il mène sur l'observation artistique des notions de crise, d'aléa et de catastrophe. Depuis 2021, ce travail prend la forme d’un duo artistique avec la plasticienne Justine Bodilis-Maljak et intègre de nouvelles créations, expositions, acquisitions et commandes publiques.

Cynthia Montier et Abdul-Hadi Yasuev 

Cynthia Montier (1994, France) et Abdul-Hadi Yasuev (1999, Tchétchénie), sont un duo d'artistes Strasbourgeois.  L’un demandeur d’asile, l’autre de citoyenneté française reconnue par l’État, iels expérimentent ensemble les liens sensibles et les porosités juridiques entre des réalités matérielles et immatérielles protégées par le droit.